La Guinée Forestière

La Guinée Forestière doit son nom à la forêt humide qui couvre la majeure partie de son territoire. Son climat est de type subéquatorial avec des précipitations abondantes et quasi régulières tout au long de l’année. La pluviométrie moyenne annuelle varie entre 1800 et 2300 mm. La température est douce tout le long de l’année et oscille autour de 25ºC. La forêt dense et humide favorise la formation et la conservation des sols relativement épais, mais très sensibles à l’érosion à cause du relief. Cette région est le domaine des cultures vivrières et des cultures industrielles (café, thé, cacao, palmier à huile, hévéa, etc.). Enfin et évidemment, la Guinée Forestière est une zone privilégiée de l’exploitation du bois.


chimpanzés de Bossou
Le chimpanzé d’Afrique de l’Ouest a d’ores et déjà disparu dans 4 pays. La Guinée et la Côte d’Ivoire seraient, à l’heure actuelle, les pays abritant le plus grand nombre de chimpanzés. Ils ont donc un rôle à jouer essentiel pour la conservation de l’espèce. Afin de prévenir l’extinction des chimpanzés

 Présentation de la Guinée Forestière

Situation géographique

Caractéristiques physiques de la Guinée forestière
La Guinée Forestière est située entre 7°30' et 9°30' de latitude Nord, et 8° et 10°30' de longitude ouest. Elle est l’une des quatre régions naturelles du pays et s'étend sur sept préfectures (Kissidougou, Gueckédou, Macenta, Beyla, Lola, N'Zérékoré et Yomou). Elle est limitée au nord par la Haute Guinée qui est la région voisine immédiate, elle a des frontières communes avec trois pays voisins: la Côte d’Ivoire, le Libéria et la Sierra Leone.

La Guinée Forestière est une région montagneuse d'altitude moyenne variant entre 600 à 800 mètres. Les plus hauts sommets ne dépassent pas les 2.000 mètres d'altitude (Monts Nimba 1.752 m). Son relief très accidenté est formé d'un ensemble de collines à fortes pentes séparées par des dépressions d'importance variable, où on rencontre des bas-fonds et des plaines alluviales le long des cours d'eau. On distingue 4 types de modelé dans cette région :
- un modelé de basses collines (450 à 500 m d’altitude) couvrant les préfectures de Yomou, de N’Zérékoré, de Lola, le Sud et le Nord-Est de Macenta; - un modelé montagneux avec de fortes pentes se rencontrant au Nord-Ouest de la préfecture de Macenta, au Sud-Est de celle de Lola, à l’Est et à l’Ouest de celle de Gueckédou; 
- un modelé de collines à faible dénivellation (600 à 650 m d’altitude) dans les préfectures de Gueckédou et de Kissidougou ;
- un modelé très contrasté où on rencontre des hautes collines, des plateaux et des plaines (800 à 1000 m d’altitude) dans presque toute la préfecture de Beyla, au Nord de celles de N’Zérékoré et de Lola.

Relief Sols
Sur le plan morpho-pédologique, on rencontre en Guinée Forestière, les types de sols suivants :
- les sols des sommets des hautes et basses collines ;
- les sols des bordures de bas-fonds ;
- les sols des plaines alluviales inondables ;
- les sols de bas-fonds.

Du point de vue de la classification, les sols des collines et des bordures de bas-fonds appartiennent en général à la classe des sols ferrallitiques (classification française du Centre de Pédologie et de Cartographie des sols CPCS 1967). Cette classe de sols ferrallitiques correspond à l'ordre des oxisols dans la classification américaine des sols (Soil taxonomy 1975) ou des ferrasols dans la classification de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation 
et l'Agriculture (FAO). Parmi les sols de colline et de bordure de bas-fonds on rencontre également, en fonction du degré de ferrallitisation et de l'importance du couvert végétal, les sols ferrugineux et les sols bruns forestiers.
Les sols des plaines alluviales appartiennent à la classe des sols peu évolués et à la sous-classe des sols peu évolués d'apport. Cette classe de sols peu évolués dans la classification du CPCS correspond à la classe des entisols de la sous-classe des aquents et du sous-groupe des fluvaquents dans Soil Taxonomy. Dans la classification FAO, ces sols de plaines alluviales appartiennent à des lithosols.
D’après les travaux et les cartes élaborées par le Service National des sols (SENASOLS) en collaboration avec le Centre d’Etude et de Recherche en Environnement (CERE), les sols de la Guinée Forestière peuvent être regroupés en huit sousclasses de sols ferrallitiques ou types d’associations de sols ferrallitiques.

Végétation

La Guinée Forestière est la région naturelle la plus boisée du pays avec des massifs de forêts ombrophiles humides (massifs du Ziama et de Diécké). Sur le plan du couvert végétal de la région, on distingue quatre grands ensembles floristiques: les forêts denses primaires, les forêts secondaires, les forêts mésophiles et les fourrés et jachères. A côté de ces quatre grands ensembles il faut ajouter les flores des plaines, des bas-fonds et des périmètres reboisés. 
Les forêts classées qui témoignent le nom de cette région couvrent une superficie totale de 287. 913 hectares dont les plus grandes sont la forêt du Ziama (112.300 hectares ) et la forêt de Diécké ( 64. 000 hectares ). Les forêts classées en général constituent un habitat privilégié pour toutes les espèces animales (surtout les espèces vulnérables et menacées ) par rapport aux milieux cultivés.

La Guinée Forestière possède la richesse faunique la plus importante de l'Afrique de l'Ouest. D’après des inventaires réalisés par le Projet de Gestion des Ressources Forestières (PROGERFOR) de 1991 à 1994, dans les forêts de Ziama et de Diécké, il existe ( hormis les poissons ), 547 espèces de vertébrés dans la région. Pour les seuls mammifères on compte 124 espèces dans la forêt de Ziama et 52 autres dans la forêt de Diécké. Près de 50 % des espèces 
d'oiseaux présentes en Guinée sont représentées dans ces forêts ; 54 espèces de reptiles ont été recensées dont 41 espèces de serpents, 10 espèces de lézards, 2 espèces de tortues, 1 espèce de crocodiles et 30 espèces de batraciens sont représentées.

Climat

Le climat de la Guinée Forestière est de type subéquatorial et se caractérise par une longue saison pluvieuse (7 à 8 mois). La pluviométrie annuelle moyenne varie de 1750 mm à 2500 mm en fonction de la latitude et de l’altitude. Suivant la courbe des isohyètes, on peut diviser la région en trois zones climatiques (une zone très pluvieuse humide : 2000 mm à 2 500 mm, une zone moyennement pluvieuse : 1750 mm à 2 000 mm et une zone moins pluvieuse : 
1 500 mm à 1 750 mm).

La température moyenne annuelle est de 24° C. Les températures les plus basses au cours de l'année sont observées pendant les mois de décembre à février ( 18 °C – 20 °C ) et les températures les plus élevées s'observent au mois de mars (22 °C – 26 °C ).

L'humidité est généralement forte toute l'année, la moyenne étant de 80 %. Les vents dominants sont la mousson en saison des pluies et l'harmattan en saison sèche.

Hydrographie

Le réseau hydrographique de la Guinée Forestière est très dense. Les principaux cours d'eau prennent leur source au niveau de la dorsale guinéenne. A partir de cette dorsale, il y a principalement deux sens d'écoulement des cours d’eau, l’un vers le sud et l’autre vers le pour alimenter les bassins versants de la Haute Guinée. Ces cours d'eau ont un régime plus ou moins régulier, grâce à une pluviométrie abondante et une bonne répartition des pluies sur l’année.

Les principaux fleuves sont: le Diani, la Makona, le Bafing, la Lofa, le Niandan, la Cavally, la Beya et la Oulé. Tous ces cours d’eau sont caractérisés par un régime plus régulier que les autres régions (en raison de la courte saison sèche), par la fréquence des rapides et des chutes alternant avec des biefs à pente très faible ainsi que par une granulométrie particulière des alluvions essentiellement constituée de sable et rarement d’argile.

Peuplement et densité

La Guinée Forestière compte une population totale de 1.550.000 habitants soit 21,7 % de la population nationale. La population féminine est de 800.000 personnes, la population masculine de 750.000, soit respectivement 51,46% et 48,54% du total ; on dénombre 242.080 toits ou ménages. Dans ces chiffres, sont inclus les réfugiés libériens et léonais dont l'effectif s'élève à plusieurs centaines de milliers d’individus. La courbe d’évolution de la population entre les recensements de 1983 et de 1996 montre un accroissement de 43 % au cours des 13 années dans les différentes préfectures de la Guinée Forestière.
En 1983, la densité moyenne de la région en 1983 était de 29 habitants au km² ; cette densité a fortement augmenté en 1996 avec une moyenne de 43 habitants au km². On peut noter qu’outre les fonctionnaires, hommes d'affaire, employés de projets et de services privés, la population s'est accrue dans les centres ruraux suite à l'immigration de populations allogènes : depuis bien avant la période coloniale jusqu'à nos jours de nombreuses personnes sont 
venues à la recherche de terres de cultures ou de fortunes dans l’exploitation minière. La population rurale, d'après la même source, compte 1.200.000 personnes, soit 78 % du total. Selon les résultats d'une enquête agricole réalisée en 1995 par le Service National des Statistiques Agricoles (S.N.S.A.), la population agricole est estimée à 780.000 personnes, soit 50 % de l’ensemble.

Concernant les groupements ethniques dans la région, il faut signaler qu’il existe une grande diversité des peuples occupant cette région depuis de longues années. Les principales ethnies dominantes sont les Manon, Guerzé, Könö, Toma, Kisi, Lélé, Kouranko, et Konianké.
Depuis près d’un siècle environ, il y a un fort brassage entre ces différents peuples, particulièrement en raison d’une forte migration de populations venant de la Haute Guinée. A cette migration il faut ajouter l’afflux des réfugiés libériens et léonais au cours de la dernière décennie (depuis 1989).

Productions agricoles et animales

La principale culture vivrière est le riz qui est cultivé dans l’ensemble de la région soit sur les coteaux en pluvial, soit dans les bas-fonds en irrigué. La culture sur brûlis est quasi systématique. Après une année de culture les producteurs implantent le manioc, l’arachide et ou d’autres cultures avant de laisser le terrain en jachère ( de durée de plus en plus courte, de 4 et 7 ans ).

Dans les zones septentrionales de Kissidougou et de Beyla, où la pluviométrie est inférieure, le manioc et le maïs sont des cultures dominantes. De vastes pâturages naturels dans ces zones offrent des potentialités pour l’élevage. Les troupeaux de bovins sont très nombreux et l’élevage connaît une production importante par rapport aux autres zones. L’élevage des petits ruminants se pratique partout dans la région alors que les élevages intensifs péri-urbains de volaille et de porcins se développent autour des centres administratifs. Grâce à une bonne pluviométrie ( supérieure à 2000 mm ) et une longue saison des pluies ( 8 mois en moyenne ), la partie méridionale de la région connaît le développement des cultures pérennes. Le café est la principale culture d’exportation de la Guinée forestière, tandis que la palmeraie naturelle fournit de l’huile, principale source de lipides consommée par les populations et source de revenus monétaires importants. A coté de cette palmeraie naturelle, il existe des plantations industrielles et familiales de palmiers à huile et d’hévéas dans l’extrême sud de la région grâce à l’intervention de la SOGUIPAH.

La culture de la banane (douce et plantain ) se développe dans certaines zones et, en association avec d’autres productions, elle constitue une bonne culture de rapport. Il faut noter la présence de plantations de colatiers et de cacaoyers en culture pure ou en association avec le caféier.

Les zonages existants

En Guinée Forestière, des travaux de zonage ont été réalisés en 1991 par l’équipe Recherche-Système de l’IRAG et en 1993 par la cellule « Suivi et évaluation » des projets « Riz Pluvial » et « Relance de la culture du café » (RC2). Le premier zonage réalisé par la Recherche –Système en 1991 fait état de trois zones et de sept sous zones agro-écologiques dont :

- une zone de Forêt dense très humide avec des sous-zones de savanes incluses dans la forêt et de forêt dense dégradée ;
- une zone de forêt secondaire avec des sous-zones de forêt de coteaux et broussaille de roseau ;
- une zone pré-forestière avec des sous-zones de galeries forestières et de savane arborée.

Le zonage réalisé par le Projet Riz Guinée Forestière et la Cellule Suivi Evaluation a aboutit à la définition de douze zones de systèmes de production. Les critères qui ont prévalu dans ce zonage sont : les principales cultures en terme de superficie, les spéculations assurant les revenus monétaires, les successions culturales et le nombre d’années de culture sur une même parcelle.

Objectifs

Le zonage des problématiques agricoles
Le but final d’un zonage des problématiques agricoles est d’aboutir à une planification régionale et d’adapter les interventions des organismes de développement aux atouts et aux contraintes de chaque zone, aux ressources humaines, matérielles, et financières disponibles. Dans le cadre de l’application de la démarche Recherche-Système de l’IRAG et de l’installation de villages d’étude, le zonage des problématique agricoles est un préalable indispensable et permet une meilleure connaissance de la région dans sa globalité et dans ses détails et constitue un guide pour tous les 
intervenants en matière de développement agricole. L’implantation des villages d’étude et les interventions des différents acteurs du développement agricoles pourront se faire en fonction des zones et de la diversité des systèmes de production et des problématiques en adaptant les technologies disponibles.

Particularités du recueil d’information

Les informations concernant les productions agricoles ont été recueillies de façon qualitative auprès des responsables du développement agricole et de la recherche agronomique en l’absence de statistiques agricoles récentes et fiables. Les résultats des enquêtes sont extrapolés à l’échelle des sous-préfectures. Il n’existe pratiquement pas de données chiffrées au niveau des préfectures sur les superficies et les productions agricoles. S’agissant des productions animales, il existe des statistiques sur les effectifs du cheptel par espèce et par sous – préfecture de 1990 à 1997. Le recensement de 1997, considéré comme source fiable d’information, a servi de base pour l’élaboration des cartes de répartition du cheptel en relation avec les éléments du milieu physique, agricole et socio-économique.



Les différentes unités écologiques ont été définies en fonction de la combinaison de 5 critères déterminants pour l’étude du milieu physique que sont : la géologie, le relief, la végétation et le climat. Au total, 47 zones écologiques ont été déterminées et délimités cartographiquement.

Les critères retenus pour la définition du système de production sont : la dominante du système de production, les cultures vivrières dominantes, les principales cultures de rente, la présence ou le type d’élevage, et enfin les problématiques des productions agricoles et animales. Sur la base de ces 5 critères ci-dessus et en fonction des 47 zones écologiques, 13 zones de systèmes de production et problématiques communes ont été définies. Ces 13 zones 
sont décrites ci-dessous tandis que celle des 47 unités écologiques est consignée dans le rapport intitulé Forestière

Critères retenus ²Affinage zonage agro-écologique de la Guinée² Juin 2000. 
Description sommaire des zones (systèmes de production et de problématiques communes) 
En fonction des spéculations agricoles et animales, des modes de faire valoir et des contraintes liées non seulement aux exploitations mais aussi à l’environnement socio-économique, treize (13) zones homogènes sont retenues.

Zone des plaines alluviales du bassin du Niandan et de la source de la Makona

Elle est caractérisée par la présence de savane arborée (en majorité), parsemée d’étendues de jachères ligneuses. La pluviométrie varie de 2000 à 2500 mm, avec une répartition irrégulière des pluies au cours de l’année (saison sèche plus étendue). La densité de population est faible (5–25 hab. / km²). Tous ces facteurs font de cette région, une zone d’élevage de bovins par excellence (25-40 têtes / km²) et de production d’arachide qui constitue la culture de rente. Le manioc, le riz et le maïs sont les principales cultures vivrières. Cependant l’élevage est confronté à une insuffisance de ressources fourragères en saison sèche (feux de brousse) et couverture sanitaire, ce qui entraîne une faible productivité du cheptel. L’agriculture se pratique sur des sols appauvris par à une érosion importante sur les pentes.

Zone de forêt secondaire des bassins de la Makona et de la Loffa

Les caractéristiques principales de cette zone sont la grande pluviosité (2000 – 3000 mm) régulièrement répartie et la présence de reliques de forêt dense disséminées dans une vaste formation secondaire ligneuse. Dans cette zone, le café est la spéculation principale, donc la source de revenu essentiel de la population. Malgré des superficies importantes, la production de café est faible à cause de l’ancienneté des plantations (plus de 30 ans). La densité de population est forte dans cette zone surtout avec l’afflux des réfugiés libériens et léonais (50 – 150 hab. / km² ) ; on note une pression foncière et un raccourcissement des durées de jachères (4 à 7 ans). D’autre part, il existe une concurrence sur les terres entre cultures de rente (café) et les cultures vivrières (riz et manioc). La banane et l’arachide sont aussi des sources de revenus pour les habitants de cette zone. L’élevage y est peu pratiqué.

Zone de forêt de Kènèma et du mont Kouyo

Malgré la prédominance de la savane péri forestière, la présence de la forêt dense dans Ouendé-Kènèma a une influence sur le climat de cette zone (2500-3000 mm de pluie par an). La densité de population est la plus forte par rapport aux autres zones (150-500 hab. /km²) à cause des effectifs importants de réfugiés léonais ; elle induit de façon systématique une pression foncière très forte. Les dominantes du système de production sont le café et l’élevage bovin. Il faut noter cependant que la production agricole est diversifiée : les cultures vivrières sont le riz et le maïs, les cultures de rente le café, l’arachide, la banane et l’exploitation de la palmeraie naturelle pour l’extraction d’huile.



Elle est constituée des massifs forestiers du Ziama, du Pic de Fon et de leurs pression foncière identique à la zone précédente, accentuée par la présence de réfugiés. La banane est la culture la plus importante (source de revenu essentielle des habitants) suivie du café. L’extension des superficies cultivables est entravée par la présence des domaines protégés. Dans cette zone l’importance de l’élevage est peu marquée.

Zone des cuvettes et monts de la forêt du Ziama
Zone des basses terres de Niékoré - Guizima

C’est parmi les zones identifiées, une des plus étendues. Sa particularité est une basse altitude (200 à 500 m sur la quasitotalité de la superficie) et sur l’alternance d’anciennes formations secondaires ligneuses (dans lesquelles domine la palmeraie naturelle) et de reliques de forêt dense. Les hauteurs de pluie sont variables du nord vers le sud (1750 à 2000 mm) avec une régularité des précipitations le long de l’année. Le café et le palmier sont les cultures de rente de la zone (présence de la SOGUIPAH), alors que le riz et le manioc sont les principales cultures vivrières. La forte densité de population (50- 150 hab./km²) induit une forte pression foncière appuyée par la concurrence entre vivriers et cultures pérennes. C’est pourquoi, les habitants de la zone marquent un fort intérêt pour le riz de bas-fond (malgré le peu d’aménagements) par rapport au riz pluvial (baisse de fertilité en raison des jachères raccourcies). On y élève seulement quelques porcins.

Zone des massifs forestiers de Diécké.

Le couvert végétal de cette zone se compose en général de forêt dense et de formations secondaires ligneuses récentes. La pluviométrie oscille entre 2000 et 2500 mm. La banane et le manioc (ce dernier étant l’aliment de base des habitants) constituent les dominantes du système de production. Des cultures de rente tels que le café et le palmier participent au revenu familial, tandis que le riz est cultivé pour l’autoconsommation. L’élevage y est peu pratiqué. Malgré que la densité de population soit moyenne (25-50 hab. /km²), la proximité de la forêt classée est la cause principale de la pression foncière.

Zone des reliques de forêt dense de Béro- Nimba

La spécificité de cette zone réside dans la réduction de la pluviométrie (1750-2000 mm), malgré la présence du mont Nimba et ses reliques de forêt dense. La végétation est composée beaucoup plus de formations secondaires ligneuses ( d’où existence de palmeraie naturelle) que de reliques de forêt dense. Les cultures de rente sont surtout le café et la banane qui, avec l’exploitation de la palmeraie naturelle constituent les sources de revenu familial. Le riz est cultivé 
(en pluvial avec un raccourcissement des jachères) pour l’autoconsommation. L’élevage des bovins y est peu pratiqué. La densité de population est moyenne (25-50 hab. /km²), mais la concurrence entre vivriers et café pose des problèmes fonciers. Les caféières mises en exelsa sont vieilles et peu productives. L’enclavement de la zone est un facteur limitant à la commercialisation de ces produits.

Zone de savane péri-forestière du Bafing

Le couvert végétal de cette zone est essentiellement constitué par la savane péri-forestière, parsemée de jachères ligneuses. La pluviométrie varie de 2000 à 2500 mm. La densité de population est faible (5-25 hab. /km²), tout comme celle du cheptel bovin (0,5-10 têtes/km²). C’est une zone à dominante de cultures vivrières : maïs et arachide (où l’arachide est la seule  culture de rente). On y cultive un peu de riz et du manioc pour la consommation familiale.

Zone des reliques de forêt sèche de Gbèssoba-Diaraguéréla

La végétation de cette zone se compose également de la savane péri forestière, de jachères ligneuses et reliques de forêt sèche. Les hauteurs de pluie sont de l’ordre de 1250 à 1500 mm. La densité de population est faible (5-25 hab. /km²). Aucune culture de rente n’existe dans la zone, cependant, le manioc (cultivé pour l’autoconsommation) est la principale culture à laquelle s’ajoutent le riz et le maïs. L’élevage bovin y est peu pratiqué.

Zone de forêt sèche du bassin de Gbanhala
Du point de vue végétation, cette zone se distingue des autres par la présence d’une vaste étendue de forêt sèche (réserve naturelle Kankan), parsemée de jachères ligneuses et de savanes péri-forestières. La pluviométrie est également limitée (1500-1750 mm), avec une longue période de saison sèche (6-7 mois). La densité de population est faible (5 – 25 hab. /km²). Les dominantes du système de production sont l’arachide et le manioc, où l’arachide apporte quelques revenus. La densité des bovins est faible (0,5-10 têtes/km²).

Zone des hautes collines et plateaux de Kourandou

Dans cette zone on rencontre de nombreuses rizières et savanes inondables. Les hauteurs de pluie varient de 1500 à 2000 mm. La densité de population est faible (30 hab. /km² en moyenne). La présence des Peuhl du Wassoulou (éleveurs par tradition) fait de cette zone une zone d’élevage bovin par excellence (25-40 têtes/km²). Cependant, la rareté des ressources fourragères en saison sèche (effets négatifs des feux de brousse) et l’insuffisance de la couverture sanitaire restent des facteurs stagnation ou de réduction de la production animale. Il faut souligner que l’existence de la traction animale a un impact positif sur l’agriculture dans la zone (de grandes superficies sont mises en valeur, malgré la baisse de fertilité des sols). C’est une zone d’élevage et de production d’arachide (tous deux étant les sources essentielles de revenu de la population). Le maïs et le riz sont les cultures pour l’autoconsommation familiale.

Zone du Piémont Est du Pic de Fon

La zone 12 ne diffère de la précédente que par l’inexistence de la traction animale. La végétation, la pluviométrie et la densité de population sont semblables. Malgré le développement de l’élevage (viande de boucherie), l’agriculture semble peu développée. Le riz pluvial est la seule culture de rente (sur des sols peu fertiles à cause de l’érosion). Il n’y a pas d’aménagement de bas-fonds, malgré la présence de nombreux sols hydromorphes.

Zone des versants Ouest du Pic de Fon

Le couvert végétal de cette zone est constitué de savane péri-forestière, de mosaïques de savane arborée, de reliques de forêt dense et de formations secondaires ligneuses. Les hauteurs de pluie varient de 1750 à 2000 mm. C’est une zone peu peuplée (5-25 hab. /km²). Malgré des problèmes fonciers à proximité de la forêt classée, la production agriccole est importante, mais l’élevage des bovins y est peu pratiqué.

Conclusion

L’affinage du zonage apporte une meilleure vision de la Guinée Forestière et constitue une base de données pour la planification locale et régionale du développement agricole. Cette base de données doit être mise à jour avec le recueil de nouvelles informations relatives aux changements socio-économiques à l’échelle régionale ; elle doit prendre en compte les renseignements sur les influences extérieures à la région, telles que les tendances des marchés régionaux et mondial. Ce zonage ne doit pas rester figé ; il constitue une base du processus de capitalisation des informations grâce à la mise à jour continu des bases de données des unités de système d’informations géographiques (SIG) de l’Institut de Recherche Agronomique de Guinée (IRAG).

Enfin, les résultats de ce zonage et sa poursuite constituent sur le plan technique et des informations un pas en avant dans la création d’un observatoire des dynamiques agricoles en Guinée Forestière.



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